Label : fait plus chic qu'étiquette ou estampille, avec un verbe encore plus chic : labelliser (étiquetter ou estampiller). On labellise ainsi un peu tout aujourd'hui : les produits de grande surface, les veaux sous leur mère, les couilles d'un reproducteur. Lu sur internet à propos d’une très grande marque : Lesombre va mettre en rayon à l'automne une ligne de produits à marque propre " Lesombre Agir Solidaire ", avec des produits labellisés Maxelar et Bio-Equitable. Notez les charabiatesques et néo-crétines tournures ligne de produits, à marque propre, produits labellisés, Lesombre Agir Solidaire (et non Action Solidaire Lesombre). Il est clair qu’avec des tournures de phrases aussi stupides, et la façon de penser en blocs découpés, c’est faire la belle part à l’anglo-saxon.
Label : dans le langage des jeunes néo-crétins débranchés, c’est une maison de disques.
Laboratoire : ne désigne plus un lieu où l'on mène des expériences de type scientifique (laboratoire de chimie), mais ce peut tout simplement être un groupe d'études et de réflexion :
J.-P. Kauffmann réunit un groupe de réflexion en vue d'un article sur le thème de la « langue de bois » ; au printemps suivant le laboratoire de Saint-Cloud organise un séminaire sur « le discours de propagande et la langue de bois ». Ou bien, cet autre exemple :
Laboratoire de recherche sur les technologies Micromou (apparemment, pas très opérationnel). La racine latine (laboratoire vient du supin du verbe latin laborare : travailler) indique un lieu où l'on travaille.
Lâcher (se ~ ) : ça ne veut pas dire faire ses besoins en pleine rue, comme on pourrait le croire, mais : se laisser aller, se défouler, s'abandonner à ses sentiments, à son instinct. « Haïti : George Clooney va se lâcher avec Brad Pitt... et Céline Dion sort le grand jeu ! ». Pour des artistes déjà bien payés, cela fait de la pub supplémentaire (la première vertu d'un don, c'est d'être discret).
Laïc, laïcité : anti-religieux et anti-laïc en même temps (tour de passe-passe néo-crétin). Si en effet la laïcité prône des vertus républicaines, elle met également en avant une laïcité
citoyenne, complètement vidée de son sens. C'est au nom de cette laïcité que le gouvernement s'interroge sur la
burqua (2010), mais tolère les familles polygames.
NB La laïcité concerne tous les Français sauf les musulmans français.
Lancer : avant on lançait ... une lance ... un javelot, des pierres, ou alors une mode, une idée. Maintenant, on lance toutes sortes de choses qui n'ont pas besoin d'être projetées en l'air : Cinquante gouvernements sont représentés à la Conférence de Paris. Elle a été lancée par un message enregistré. Ou bien : Cliquer ici pour lancer ce programme. Dans ce dernier exemple, ce verbe est le calque de l'anglo-saxon 'to launch'. Il me prend souvent l’envie de lancer l’ordinateur par la fenêtre.
Language : nouvelle façon d'écrire le mot langage, et ceci est un emprunt frauduleux aux tribus étazuniennes. Ce sont surtout les couches de la population gangrénée par l'informatique et internet qui déforment ainsi le mot. Exemples, entre des millions : Language médias : l'enquête anti-clichés (sans préposition entre language et médias). Une page internet propose un forum sur la traduction du language binaire. Telle autre page propose d'interpréter le language (sic) des fleurs : Language des fleurs Interpretation (sans accent sur le é) Signification Composition. Etc.
Langue : pour le français, les néo-crétins disent : la langue de Molière ; pour l'anglais : la langue de Shakespeare ; pour l'allemand : la langue de Goethe ; pour l'italien ; la langue de ... au fait, de qui : de Dante ? de Pétrarque ? d'Umberto Eco ? Et pour le russe : la langue de Dostoïevski (non, trop difficile à dire) ; la langue de Tolstoï ? de Pouchkine ? Quant au japonais, ou au chinois, ça devient un casse-tête ... chinois !
Il est donc admis que le français, c'est la langue de Molière. Mais combien encore de nos contemporains peuvent lire Molière « couramment » ?
Langue de bois : langue parlée par ceux qui ont la gueule de bois d'abord, coutumiers des 'serments d'ivrognes', et les politiciens ou les officiels ensuite menteurs professionnels par excellence, et qui nous soûlent de paroles et de
vraies-fausses promesses.
Quelques exemples célèbres de langue de bois : «
Depuis toujours la solidarité humaine est mon moteur ». «
Un ami de 30 ans », «
Mon ambition est de servir la France et les Français » (variante «
Mon ambition est de servir l'intérêt général »), «
Pour 2010 (
2009, 2008, 2007, 2006 etc. etc. etc.),
la croissance va repartir », «
Promis, j'arrête la langue de bois », «
Parler vrai ». Voir la note
(1) de la rubrique
politiquement correct.
Large : adjectif passe-partout. Il est utilisé non plus au sens de « large » (en largeur), mais de grand, vaste, important ou imposant, dans l'esprit de nos néo-crétins chéris.
Rugby : Large victoire (= grande victoire)
de l'équipe de France. Entendu à la
french TV : «
Paris accueille une large (grande ?)
clientèle ».
Avec l'adverbe
largement :
Une panne informatique a largement (fortement)
perturbé le système de réservation électronique. Ou bien :
Au cours d'un tour de table et d'un échange qui ont duré quatre heures, et auquel le ministre lui-même a largement participé, les prises de parole substantielles se sont succédé et ont donné lieu à une large (ample)
discussion. Ou encore, tiré de l'actualité selon Yaou? :
M. Patil, largement (fort, fortement, grandement, très)
critiqué dans les médias pour n'avoir pas pu assurer la sécurité intérieure... Les néo-crétins se payent notre tête dans les grandes largeurs. Encore un anglo-saxonisme rampant, surtout employé par des gens qui n'ont pas d'envergure.
A donné le verbe
élargir : augmenter, renforcer :
« [...] j'ai ordonné aux secrétariats d'Etat et du Trésor d'élargir les sanctions contre le gouvernement illégitime du Zimbabwe et ceux qui le soutiennent ». Voir
Majeur.
Latin : on a déjà eu l'occasion de parler de termes latins (
dixit,
exit,
versus etc.) Mais l'auteur a entendu à la
french TV un acteur dire deux fois :
Mon fils a été reçu à son examen sum magnum laude (pronncer soumm mag-noumm laodé). Comme il s'agissait d'une
série étrangère, l'expression latine
cum magna laude (avec félicitations ; prononcer koumm mag-na laodé) a dû être deux fois déformée, une première fois par l'acteur initial, une deuxième fois par le doublage en français, pour aboutir au monstre cité plus haut. On l'a déjà dit : si les néo-crétins ne savent plus écrire ni parler français, inutile de leur demander de respecter la grammaire latine.
Leader (prononcer lideur) : ce mot signifie : chef, chef de file, meneur, dirigeant, premier (d'un classement). Encore une fois, ce ne sont pas les synonymes qui manquent. Telle équipe est leader de sa division. Untel est leader de la Droite. A donné le mot leadership (primauté, supériorité, direction, commandement). Le mot peut même être mis au féminin par les journalistes néo-crétins : « La leader de l'opposition vient d'être assassinée ». La laideur de cette phrase est évidente.
League (Champion’s League) [prononcer tchempionns lîgue] : les journaleux sportifs néo-crétins se gargarisent sans modération de ce terme (au lieu de Coupe des Clubs Champions, ou Championnat). Le parler néo-crétin est sans doute valorisant pour eux. Voir plus bas
Ligue.
Lecteur mp3 (ou baladeur mp3) : ce petit appareil, auxiliaire du mode de vie néo-crétin, est désormais inséparable des jeunes gens, ainsi que des moins jeunes. Il est devenu, au même titre que le
téléphone portable, un agent de prétendue communication. Il suffit d’entrer dans un wagon de métro pour voir la plupart des voyageurs pianoter sur leur portable ou écouter, l’air béat, des rythmes souvent abrutissants (abruti vient en fait de
abruiti : rendu stupide par le bruit) sur leur baladeur mp3.
A noter au passage le mot
lecteur qui ne désigne par quelqu'un qui
lit, mais un appareil qui sert à
écouter. Cette confusion des sens et des mots est typique des néo-crétins informatisés. D'autre part si l'on confond
lire et
écouter, plus étonnant que les jeunes ne sachent ni lire ni écrire. Savent-ils seulement écouter ? Voir
MP3.
Lecture : plaisir démodé consistant à prendre un livre et à le lire pour en savourer chaque page, chaque ligne, chaque mot. Synonyme : plaisir solitaire. Désormais remplacé par l’omniprésence de l’
image et de la
vidéo, plaisirs passifs qui dispensent agréablement de réfléchir. « La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver » (
Jean Guéhenno). Voir
Écriture,
Image,
Vidéo.
À signaler un sens dévoyé de
lecture, qui signifie dans la langue des néo-crétins : décodage des informations numérisées sur un disque dur, une disquette, un disque laser, une cassette ... Il s'agit donc tout simplement de
visionner le contenu d'un support numérisé. Équivalents proposés : vision, visionnage.
Légende urbaine (de l’anglo-saxon : urban legend) : ce néo-crétinisme particulièrement affligeant, en vogue chez les internautes et les journalistes, est synonyme de ‘rumeur’, ‘fable’, ‘croyance’, ‘idée reçue’, ‘mythe’ ou ‘canular’. Encore une fois, ce ne sont pourtant pas les mots français qui manquent pour traduire. Urben est un site de plus sur les légendes urbaines. Ou bien : Le fait que cette ressemblance ait été volontairement recherchée par un dessinateur sympatisant (sic) d'extrême droite est une légende urbaine récurrente qui court dans ces milieux. On parle aussi d'images rumorales ou d'e-rumeurs.
Légistique : La légistique a pour objet d’exposer les connaissances et les méthodes qui peuvent être mises au service de la formation de la législation. Qu’on se le dise ! Précis de légistique.
Légitime : sens à définir : qualifié, autorisé, apte, capable, fondé ? Dans le discours d'une journaliste : "Une femme est aussi légitime qu'un homme à exercer son métier". Oui, mais à condition que ce soit une femme légitime.
Rappel : légitime signifie « qui a les conditions, ou les qualités requises par la loi » (mariage légitime, femme légitime, enfant légitime). Ou bien « qui a un caractère de loi » (pouvoirs légitimes). Une femme peut-elle être légitime dans le sens abusivement emprunté par la journaliste, au style bâtard ?
Létal (écrit souvent par erreur léthal, comme chez les Anglo-Saxons) : synonyme ‘médicalement correct’ de mortel, qui entraîne la mort : l’infirmière avait injecté une dose létale au patient. Sans doute pour lui faire boire les eaux du Léthé (le fleuve de l’Oubli).
A donné le substantif létalité (mortalité, pouvoir mortifère, pouvoir de tuer) : le flash-ball est une arme à létalité atténuée. On est bien content.
Lettres (anglaises) : expression employée dans de nombreux manuels scolaires néo-crétins à l'usage des étrangers, au lieu de lettres latines. Comme si les Anglais avaient inventé l’alphabet latin !
Liaisons : les liaisons, au même titre que les élisions, ne se pratiquent presque plus en français moderne :
C’est un, c’est une sont prononcés : c’est hun, c’est hune.
Deux cents euros, sans liaison. Le mot est conçu comme une entité unique. A tel point qu'une chroniqueur n'hésita pas à écrire : « ... à la
hune » (au lieu de « A la une », bien sûr. Peut-être avait fait la marine à voile ?)
Des liaisons inattendues peuvent être refaites selon la prononciation : «
aujourd’hui, personne ne dupe (sic)
et tous les peuples du monde d’entier cherchent seulement d’habiter avec son (sic)
histoire ancestrale ». Voir
Hiatus.
Libéralisme : de mon temps, on disait capitalisme.
Économie libérale. On se demande ce que vient faire ici le mot libéral, alors qu'avec capitalisme, on comprenait tout de suite de quoi il s'agissait. Voir
Néo-libéralisme. Les socialistes, qui ne manquent ni d'humour, ni d'à-propos, se sentent de plus en plus attirés par le capitalisme, alors qu'on assiste à l'effondrement général du capitalisme traditionnel (septembre-octobre 2008).
Libéral, c'est le propre de ce ou de celui qui est libre ou qui agit avec liberté.
Liberté : dans nos 'démocraties', impression illusoire de pouvoir faire ce que l'on veut. En fait, nous n'avons que très peu de libertés : dépenser nos sous (quand nous en avons),
élire les mêmes fantoches qui se représentent toujours contre vents et marées, soutenir tel ou tel club sportif, et regarder des émissions de télé débiles. Quant au reste ... «
La liberté c'est un mot qui a fait le tour du monde et qui n'en est pas revenu » (Henri Jeanson). De nos jours, liberté signifie esclavage. Voir
Égalité,
Fraternité.
Licencier : ce verbe n'existe plus. En effet, et c'est là un principe de la novlangue (c'est-à-dire du néo-crétinisme), certains termes ou expressions disparaissent ou sont en train de disparaître du vocabulaire : grève (remplacée par
mouvement social), invalidité (remplacée par
handicap), lutte des classes (remplacée par rien du tout), chômeur (remplacé par
chercheur d'emploi), licenciement (remplacé par
plan social ou
restructuration)... On édulcore les termes, on lénifie la pensée, on émascule la précision.
Quand les sociétés licencient les travailleurs invalides ...
License : chez les
mochécons informatisés, ce terme s’emploie au lieu du mot français licence (permis, autorisation d'utilisation). Encore heureux qu’ils ne prononcent pas laïcense !
Avez-vous payé la license (= l'autorisation d'utiliser)
de ce programme ? Pour fabriquer un lecteur de DVD on a besoin d'obtenir une license de la part de la DVD CCA (Copy Control Association). Et pourquoi pas du FBI ?
Certains néo-crétins informatisés hésitent tellement entre les deux orthographes (avec 'c' ou avec 's') qu'ils écrivent avec les deux, mais pas forcément au bon endroit :
Tu as Windaube XP avec une liscence ?
A donné le verbe licencier : accorder une licence (autorisation de fabrication etc.) Ces pilotes KSOCKS commerciaux sont licenciés (sic) à un grand nombre de sociétés éditrices de logiciels. Voilà une licence qui n’a rien de poétique.
Au départ, le mot 'licence' vient du latin licere, permettre. Cf le fameux proverbe latin : Non licet omnibus adire Corinthum (il n'est pas permis d'aller en omnibus à Corinthe).
Lieux de privation de liberté : le projet de loi déposé le 1er août 2007, adopté le 26 septembre 2007, institue un Contrôleur Général des lieux de privation de liberté. Il faut entendre par lieux de privation de liberté, dans l'esprit des néo-crétins, des prisons (5 mots au lieu d'un seul) ou des centres de détention (3 mots). Un peu comme l'expression mis en examen (3 mots) au lieu d'inculpé. Quant aux lieux de privation d'instruction, ça s'appelle depuis l'an de grâce 1932 l'« Éducation nationale ».
Lifting : action de (re)modeler, de (re)façonner un visage, mais aussi une voiture, un immeuble etc. (rénovation).
Et L'Oréal s'offre un lifting écolo avec la marque alter de la cosméto The Body Shop [ que diantre signifie tout ce charabia ? ]. Voir
Relifter.
Light (prononcer laïte) : léger ou allégé en anglo-saxon. De nos jours, tout est devenu light : la nourriture, les boissons, les programmes informatiques (version light) … L’obésité, la lourdeur, le poids – tout cela est banni, et remplacé par le light, plus correct politiquement et socialement. Les morceaux de sucre eux-mêmes sont devenus « light », c'est-à-dire plus petits. Comme si le fait de réduire la taille des morceaux empêchait d'en prendre plus.
Aux dernières nouvelles, la mode du light commence à lasser, à passer, et les industriels de la (mal-)bouffe reviennent aux valeurs « normales » en proposant leurs produits.
Ligne (en ~) : anglo-saxonisme informatique, désignant quelqu'un ou quelque chose de connecté, de branché. Formulaire de changement d'adresse en ligne (en connexion). Il y a 3 internautes en ligne (connectés). L'imprimante est en ligne (branchée).
Ligue (terme de sport) : en droite ligne de l'anglais league pour désigner ce qu'on appelait avant une division (1ère division, 2ème division, division d'honneur etc.) Et maintenant, les journalistes sportifs parlent de champions' league (coupe de championnat).
Une ligue, en français, c'est un regroupement de personnes animées par un but commun, souvent à connotation sociale ou politique (Ligue des Droits de l'Homme). Rien à voir avec ce que nous propose le terme anglo-saxon league, traduit par ligue. Il faut se liguer contre l'anglo-saxon qui pollue fortement le français et le sport. Normal : il n'y est question que de fric.
Limite : dans le sens de 'presque', ou 'juste', 'tout juste', "à peine'. Ce que tu viens de dire, c'est limite regret (?) Pratique : le mot limite, pris dans un sens adjectival ou adverbial, est presque toujours invariable dans cet emploi. Ça, c'est limite insupportable (on aurait pu tout aussi bien dire : c'est limite supportable). C'est ainsi qu'on peut trouver dans un emploi adjectival : Précarité, rythme infernal, mépris de la part des confrères [...] salaires insuffisants, conditions de travail parfois limites…
Link : bien que le mot français ‘lien’ existe, on trouve le mot link dans les pages internet et surtout dans des marques commerciales, et qui signifie évidemment la même chose. Cliquez sur ce link pour accéder au site www.troud.uk.com
Lire : synonyme de regarder, voir, visionner ou même écouter chez les néo-crétins informatisés.
Cliquer sur ce bouton pour lire la vidéo.
Attention, pour lire les videos ci-dessous, il faut avoir Flèche Player. On peut voir dans les
Options d'Internet du système Windaube :
Lire les sons (sic)
, lire les animations au lieu d'écouter, ou de voir, faire jouer. Ce qui peut donner des aberrations comme :
Le fait de déplacer un fichier vidéo d'un disque dur à un téléphone portable relié en USB au PC propose un transcodage du fichier pour que celui-ci puisse être lu par le téléphone ... Un téléphone « intelligent », sans doute. Lire, action active, devient un état passif (on ne fait que recevoir, qu'absorber des sons ou des images). C'est comme pour les journaux, avant on donnait à lire, maintenant on donne seulement à voir. Emprunt stupide au patois anglo-saxon. Autre exemple, pris sur un site (= page) internet à propos d'une liste de vidéos :
Lire la playlist intelligente. Voilà qui est totalement inintelligible, voire inintelligent.
Dans le même esprit, on trouve souvent la mention « x vues » au lieu de « vue x fois » :
1485 vues au lieu de « Vue 1 485 fois », à propos d'une vidéo. Pourquoi
vues et non
lectures ? Il n'y a aucune logique chez les néo-crétins.

Lire la vidéo.
La dame en bas à droite serait Karl Labrunie.
Et, évidemment, le fait de visionner une vidéo, c'est une
lecture. C'est pour cela que Y'aoù? affiche impavidemment :
(fichier) en cours de lecture au lieu de
Vous visionnez un fichier.
Lire, en français, c'est le fait de déchiffrer un code
écrit : lire un livre, lire des notes de musique. La
lecture peut aussi avoir le sens d'interprétation : untel donne telle lecture d'une pièce de théâtre ... On peut avoir telle lecture d'un tableau de maître, d'une œuvre musicale etc. Dans ce cas, on parlera même de « relecture », quand on interprète une œuvre d'une nouvelle manière. Les néo-crétins emploient alors le terme de
revisiter.
Lisible / illisible : dans le sens de clair / confus ; compréhensible / incompréhensible. Ainsi, le programme d'un homme politique est lisible quand il clair, facile à comprendre. Quant à l'illisible, c'est le chaos, l'anarchie la plus totale. La lisibilité, dans cette optique, c'est la compréhension, l'intelligibilité (d'un programme, d'un projet etc.)
On nage dans la confusion des genres : on lit une vidéo, la télévision parle d'heures de grande écoute, la situation économique de la France est illisible... On nage ? Non, on coule. Et, ô ironie, parler de lisibilité quand on s'adresse la plupart du temps à des personnes qui savent à peine lire et écrire (propagation dramatique de l'illettrisme), c'est se mettre le doigt dans l'œil.
Listing : mot mis à l’honneur par les journaleux à propos de l’affaire des listings (listes, listages) Dark Stream. Un listing, c’est tout simplement une liste, voire un catalogue. Au fait, le listing darkstream, si j'ai bien compris, était censé indiquer les noms des bénéficiaires des rétro-commissions faramineuses liées au marché des frégates…
Live (prononcer laïve ; 'vivant' en anglo-saxon) : direct, en direct, en public. Un concert live. Les autres enregistrements (en studio, donc) sont-ils considérés comme morts ? Auquel cas, la France est peuplée de cimetières de créateurs. Lu sur internet : ... une grande partie de l'humanité s'est joliment amusée en observant en live et en direct (où est la différence ? En direct = en direct, et en live = en public ?) la mise en œuvre d'un scénario cinématographique conçu à Hollywood.
Livre blanc : deux définitions pour cette expression qu'on entend souvent dans la bouche des journalistes :
1. sens administratif et gouvernemental : un livre blanc est un document officiel publié par un gouvernement ou une organisation internationale afin de rendre officiel un rapport. Il a souvent pour objet de faire des propositions à long terme.
2. sens marquétique et commercial : un livre blanc est un document de quelques pages faisant le point ou proposant des conseils sur une problématique (sic) professionnelle. Un livre blanc proposé en téléchargement sur Internet permet de positionner (sic) l’expertise (sic) d’une société et de qualifier (?) les individus (!) l’ayant téléchargé ou souhaitant le recevoir par email... Peut-être tout simplement notice, présentation ?
Lobby (pluriel
lobbies, prononcer l'eau bise) : groupe d'influence, groupe de pression, coterie. Avec un autre substantif 'lobbying' : système d'influence et/ou de pression. Ceci a été mis au point par les tribus anglo-saxonnes pour rafler des marchés, faire voter des lois ou directives qui les arrangent etc. Mot souvent associé à un système de pots-de-vin et de corruption.
Dans notre vieille terre de France, les
lobbies ou groupes de pression existent dans beaucoup de domaines. Un de ces domaines est la langue française, et certains groupes de pression comme le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'
Amitié entre les Peuples [sic]) ou le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) exigent par voie de justice le retrait ou l'amendement de certains mots dans le dictionnaire. La police vient de suivre un si bel exemple en attaquant le
dictionnaire Robert pour une citation qu'elle estime insultante. Alors là, on a vraiment affaire à la police de la pensée.
Étymologiquement,
lobby désigne en anglo-saxon une allée couverte ou un couloir, voire une loge. C'est dans les couloirs des assemblées ou réunions que se font et se défont les réputations, que se perdent ou se gagnent les contrats.
Localiser : déterminer l'origine ou la cause de quelque chose : localiser le siège d'une maladie. Signifie aussi circonscrire : localiser un incendie, une épidémie. Est maintenant de plus en plus employé au lieu de repérer, situer : La Préfecture précise que les pompiers devaient reprendre les recherches à partir de 8h « afin de localiser d'éventuelles nouvelles victimes » (deux adjectifs avant le substantif, et un emploi à contresens ; bravo la Préfecture).
Loft : ça fait très chic d’avoir un loft (sorte de grenier aménagé), surtout à Paris, chez les gens chic et / ou artistes.
Depuis le succès d’une célèbre émission de télévision, navrante de nullité, le concept de loft (regarder évoluer des personnes en vase clos) a pris de l’ampleur chez les créateurs de télé-réalité. Le succès, étonnant, ne peut s’expliquer que par un système de pulsions voyeuristes-exhibitionnistes, où la dignité humaine est reléguée au dernier plan.
Log : identification (lors d'une ouverture d'une séance informatique). Il s'agit tout simplement d'une connexion. A donné le verbe loguer, se loguer (se connecter) et aussi log-in (indentification pour ouvrir une séance), et log-out ou log-off (abandonner, fermer une séance de travail). Les logs d'une personne, ce sont aussi ses identifiants (nom d'utilisateur + mot de passe). Nous voilà logués à belle enseigne !
Logiciel : programme informatique. A fini par détrôner le mot software. Il en est de même pour le mot matériel, qui devance hardware. Mais certains néo-crétins impénitents s'obstinent à dire le soft et le hard. Peut aussi s’employer dans un sens abstrait (et incompréhensible) : L'ancien ministre a appelé de ses voeux un "programme commun" avec le centre, affirmant qu'il fallait "changer le logiciel" de la gauche (philosophie ? pensée ? programme ?) S’il utilise les programmeurs de la secte Micromou, il n’est pas sorti de l’auberge.
Logo (abrégé de logotype) : tout dessin, tout graphisme symbolisant une entreprise, une société, un groupe. Le nom ne suffisait plus, il faut maintenant adjoindre un élément graphique [visuel] pour qu'on puisse identifier une marque ou une organisation. Et évidemment, il s'y ajoute un élément auditif, avec un jingle [indicatif musical, refrain musical, scie] et une sorte de devise, dite 'signature', toujours en anglo-saxon, censée séduire le consommateur. Élément visuel combiné à un élément sonore = propagande, et non plus simplement publicité.
D’autre part, les logos ont tendance à se simplifier, à se styliser à outrance : l’hippocampe ailé d’Air France est devenu une série de barres inclinées, les lettres entrelacées de la SNCF une suite de lettres, inclinées elles aussi (pour sans doute donner l'idée de mouvement). On évolue de plus en plus vers le tag (voir ce mot). On en a un magnifique exemple avec l’insoutenable mocheté du logo des Jeux Olympiques de Londres 2012. Un pisse-copie, en mal de dithyrambe, va jusqu’à écrire : Le nouvel emblème, à la fois puissant et moderne, incarne le dynamisme de l'esprit olympique et sa capacité à inspirer et à mobiliser le public dans le monde entier. Le monde des tordus, sans doute.
En plus du logo et d'un air musical pour identifier une marque, l'on y adjoint maintenant une devise, une courte phrase, le plus souvent en anglo-saxon, comme pour un emblème : You can (Canon), Stay alive (Alfa Roméo), Think different… voir
Marques publicitaires .
Lol : abréviation très usitée par les internautes et qui signifierait lots of laughs (mort de rire ou quelque chose comme ça) ou laughing out loud (rire à gorge déployée, ou quelque chose comme ça), quand il s'agit de relater sur la toile quelque chose de vaguement amusant (ou quelque chose comme ça). Les internautes francophones emploient volontiers MDR (non pas merde, mais Mort de Rire). Si cela les amuse ...
Look (prononcer louk) : néo-crétinisme abondamment utilisé et signifiant : allure, apparence, genre, aspect, air, style, voire ligne. Il a un look branché. Avec un verbe relooker (et non reluquer) : donner un nouveau style, une nouvelle apparence. Il faudrait peut-être relooker le français ?
Loser (ou
looser [prononcer louzeur], mot qui n'existe pas en anglais) : remplace les désormais trop banals : perdant, vaincu, voire raté, minable.
Ce type-là, c’est un lo(o)ser. Il semble que, à ce compte-là, ce soit le français qui soit perdant contre l’anglo-saxon. Voir
Winner.
Loupe 
: cet instrument de grossissement est devenu le symbole de recherche, rechercher sur internet. Les internautes sont-ils tous miros ? D'autre part, la
loupe permet de grossir les objets, et donc de mieux les voir, mais pas de les rechercher. A mettre sur le compte de l'illogisme des informaticiens.
Lourd : dur ou long à comprendre, sans humour, ennuyeux,
emmerdant,
chiant.
Ce type-là, il est lourd. En verlan, on dit
relou :
C'que vous êtes relou ! Ne pas confondre avec l'expression
C'est du lourd.
Love : la plupart de néo-crétins et surtout des néo-crétines utilisent sans vergogne le mot anglo-saxon love au lieu du mot français amour. On a pu voir en 2007 une championne française de natation inscrire le mot love sur la paume de sa main en signe d'amour pour son chéri. Le fait d'employer le mot anglo-saxon ne lui aurait pas porté chance : quelques semaines après, c'était la séparation (d'après le quotidien France-Matin).
Love story : cette expression, chez les néo-crétins en mal d'exotisme linguistique, signifie 'aventure', 'aventure amoureuse'. J'ai eu avec elle une love story.
Low cost (graphie correcte) ou
low coast (prononcer laoo koste) : une manie ridicule à la mode consiste à dire
low cost ou
low coast au lieu de bon marché, à prix réduit, voire bas de gamme.
Compagnie aérienne low cost,
magasins low cost. Déclaration du porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez : «
Le but c'est de dire que le low cost est complémentaire avec (sic)
le service public ». Et quand ils font semblant de parler français, les néo-crétins tiennent à dire
compagnies, magasins à bas coût (à Bakou ?), au lieu de dire 'bon marché', 'à tarif réduit', 'économique', 'à prix cassé', etc. Et puis,
cost en anglais signifie prix, et non coût ;
à bas coût est donc une erreur de traduction. Voir
Discount.
PS qui n'a rien à voir :
low cost fait penser à
holocauste (sacrifice rituel par le feu). Sont-ce des prix sacrifiés ? On pourrait alors parler de
prix holocaustes. En tout cas, c'est vraiment l'holocauste du français.
Lutte des classes : obscénité, selon JFK (Jean-François Kahn). Voir à la lettre
K.