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« Un homme qui parle trois langues est trilingue. Un homme qui parle deux langues est bilingue.
Un homme qui ne parle qu'une langue est anglais »

Claude GAGNIÈRE
Écrivain

« Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour produire un certain effet »
Joseph GOEBBELS
Ministre de l'Information et de la Propagande du Ille Reich




 Lettre G



G8 (Great 8 ou Grands Huit) : en fait il faudrait dire et écrire en français : 8G (les Huit Grands, – les Grands Huit faisant penser à une foire –). Club très sélect et très fermé, où l'on décide du sort économique, – et donc politique –, de la planète. G8, c'est peut-être deux fois la bande des Quatre.

Galère : ce vaisseau a pris le sens de situation difficile, ennuyeuse, pénible, insupportable, en relation avec la situation d'esclavage des galériens. Le métro parisien, c'est la galère, surtout quand y'a des grèves (et quand il y a des inondations ?). Avec un sens adjectival : journée galère. A donné le verbe galérer : avoir des difficultés pour faire, pour agir : aujourd'hui je galère sur ce projet. Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère ?

Gauche (en politique) : synonyme de droite, mais en pire. En un temps de mondialisation, toutes les valeurs sont confondues, pour céder la place aux géants de la phynance, de l’industrie et de la grande distribution. De telle sorte en effet qu’il n’y a plus de conflits d’opinions politiques, car la seule question est : à quelle sauce voulez-vous être mangé ? De nos jours, l'on a tendance à dire la non-Droite pour dire la Gauche. François Rollande est le leader (dirigeant) de la non-Droite. Voir Droite.

A donné le verbe gauchiser.

Gavage : désormais nombres d’associations, surtout anglo-saxonnes, considèrent le gavage comme un acte de cruauté envers les animaux. D’ici à ce qu’on nous interdise le gavage des oies ou des canards, ou même qu'on nous interdise de manger du foie gras aux cèpes, il n’y a qu’un pas.

Gaver : ennuyer, fatiguer, embêter, saoûler, empoisonner la vie. Tu me gaves sévère (tu m’ennuies fortement). Il faut appeler Arnger Schwarzenegold à la rescousse, lui qui est contre le gavage sous toutes ses formes.

Gay : ce terme anglo-saxon a maintenant remplacé ‘homo’ ou ‘inverti’. Dans le cadre du néo-crétinisme ambiant, ou de la novlangue, l'euphémisme gay a remplacé pédé. Comme si l'on rendait socialement et sexuellement convenable la réalité de la chose. De plus, la dénomination gay classe un individu : il est généralement blanc, masculin et appartenant plutôt aux classes moyennes (middle class). Tant pis pour les autres ! Cette référence à la culture étazunienne est d'autre part agaçante. Expression : He likes the gay life (il aime mener joyeuse vie). On se demande quel est le rapport entre un homo et le fait d'être gai, joyeux.

Les homos anglo-saxons ont donc envahi la planète. Ennuyeux pour ceux dont le nom de famille est Gay. S’emploie même au féminin : une femme gay (mais on n’en est pas à une inversion près). Les mariages homosexuels (ou mariages gays) tendent d’autre part à se multiplier dans le monde. Embrassons-nous, Crazytown !

Au fait, comment appelle-t-on un gay triste ? Une contradiction ? Tiens, j'ai rencontré une contradiction aujourd'hui...

Gay pride : tous les journaleux de la french TV parlent de gay pride au lieu de défilé homo, ou de parade homo. Que diable, MM les journalistes, serait-ce trop vous demander que de parler français ? Ce défilé homo, ou gay pride selon le patois de la french TV, constitue une sorte de cérémonie païenne, véritable hymne à la déviance. Dernier avatar de l'expression : Marche des fiertés. Y'a pourtant pas de quoi être fier.

Cela est encouragée par les différents gouvernements, tant de gauche que de droite, afin de désacraliser la vie. D'autre part, l'état et les média fabriquent du symbole païen en médiatisant à l'extrême des faits inintéressants ou d'une rare banalité : élection de Miss France, rencontres sportives, fête des voisins, fête des secrétaires, défilés homos etc.

Gaz (à effet de serre) : une des conséquences de l'industrialisation à outrance. Les Étazunis polluent plus que l'ensemble de la planète, mais préfèrent payer des taxes plutôt de que réduire leur production industrielle. À ranger au Musée de la Connerie. Voir Pollution ou Ducon.

Géant : cet adjectif sert maintenant à désigner quelque chose de grand, d'énorme, de démesuré, mais avec une nuance positive ou admirative. C'est géant ! s'exclame un néo-crétin, admiratif devant quelque chose de vaguement intéressant. Curieusement, le contraire de géant n'est pas nain, mais nul. Voir Génial, Nul, Top.

Géminées : les géminées (consonnes prononcées doublement : l-l, m-m, n-n, p-p etc) n’existent pas en français. Pourtant nombre de personnes, surtout les présentateurs de télévision, n’hésitent pas à prononcer gram-maire, som-met, al-légé. Pour bien montrer qu’ils connaissent, eux, l’orthographe de ces mots. Pour une fois qu'ils connaissent quelque chose !

Générer : les mochécons emploient systématiquement le verbe générer à la place des verbes causer, donner, engendrer, faire, produire, entraîner, être la cause de, provoquer etc. Nous ne générons que 5% de nos profits sur le sol français. Votre recherche sur internet n'a généré aucun résultat. Les ventes du nouveau système d’exploitation [Ouista] ont généré d’importantes recettes. ... c'est la première fois qu'un exemplaire génère des étincelles. Importation frauduleuse de l’anglo-saxon : generate. Avec comme substantif : générateur. Générateur ou géné-rateur ? En tout cas, ceux qui emploient de tels mots sont vraiment dégénérés.

L'excellent site « Le Dicomoche » publie une liste de synonymes pour le verbe générer, liste que le lecteur peut consulter ICI.

Génial : un néo-crétinisme ayant fortement pollué le langage parlé. De nos jours, tout est génial (sauf les génies, – bien sûr, qui ne sont que de simples cons). Il est de bon ton maintenant de s’écrier, l’air extasié, devant quelque chose qui sort à peine de l’ordinaire ou qui est simplement intéressant : C’est génial ! Finis les Épatant, Extra, Super, Formidable. Place au ridicule Génial, qui peut se « superlativer » avec super génial. En une période de médiocrité généralisée, le terme génial sans doute rassure les esprits. On trouve mème le superlatif Trop génial. Cf la parole de Talleyrand : « Tout ce qui est exagéré ne compte pas ». Voir Top.

Génocide : voir Métissage.

Gens : ce mot semble, du moins chez les Canadiens, signifier 'personnes'. 4 gens en parlent peut-on lire sur un blog. Et s'il n'y a qu'une personne, comment disent-ils ? Un gen ? Une gen ? C'est gênant.

Gens du voyage : on dirait que ça fait chier les officiels et les pouilleux de la french TV de dire 'nomades', 'gitans', 'bohémiens', 'romanichels', 'roms', 'tsiganes' ... Hé bien non, ils ont inventé gens du voyage, que ça fait beaucoup plus mieux et surtout politiquement correct. « Gens du voyage » ! On croirait parler de vacanciers ou du « Club-Med » !

Gent : la “gent trotte-menu” (les souris) chez La Fontaine. A pris, peut-être sous l'influence des féminisations à outrance, la marque du féminin chez certains scripteurs : ... Vous vous faites la complice de quelques féministes ultra-dures qui détestent la gente masculine... Au cours de vos aventures, on vous a toujours vu fuir la gente féminine, n'avez-vous pas de pulsions amoureuses ? Site officiel de Girls of Paris, la soirée dédiée à la gente féminine ... L'ignorance pédantesque fait beaucoup de ravages.

Gérer : que ne gère-t-on pas aujourd'hui ? Son temps, son argent, ses comptes, sa carrière, son avenir, son corps, sa santé, ses relations sexuelles ... l'auteur en passe, et des meilleures. Verbe passe-partout au même titre que le verbe faire, et donc à bannir. Les dictionnaires, ça existe pour trouver le mot ou l'expression exacte. L'ennuyeux, avec ce genre de verbe, de même qu'avec toutes les expressions de la novlangue, est que l'on s'y habitue tellement qu'il devient par la suite difficile de s'en détacher et de prendre le recul nécessaire pour trouver le mot correspondant. Le substantif est gestion, dont la polysémie est également effarante.

En véritable coach (!), cet ingrédient est le compagnon idéal pour mieux gérer (dominer) votre stress. De l’introverti rougissant à l’exubérant permanent, chacun de nous gère (maîtrise) à sa manière ses émotions. ... et les services en ligne permettant de gérer (organiser) ses tâches. Un site propose même de gérer (administrer, s'occuper de) la planète. Autre exemple : Mi-septembre, mes maux de ventre devinrent de plus en plus difficiles à gérer (supporter).

Giboulées : normalement, les giboulées, ce sont des pluies, parfois accompagnées de neige ou de grêle, qui ont surtout lieu au début du printemps : les giboulées de mars. Maintenant les néo-crétins de présentateurs et présentatrices des bulletins météos de la french TV emploient ce terme au lieu de 'chute'. Entendu lors des prévisions météorologiques avant le journal télévisé en janvier 2007 : Des giboulées de neige sont à prévoir sur le Jura... Voir Précipitations.

Gilet : le néo-crétinisme écolo-étatique a frappé fort en obligeant tous les automobilistes à se déguiser en clowns jaunes par le port d'un gilet fluorescent en cas d'accident. Ce gilet doit toujours être « à portée de la main » dans toutes les automobiles, de même que le fameux triangle rouge. Courant octobre 2008, soit à peu près 15 jours après l'obligation pour chaque automobiliste de détenir un gilet et un triangle, un conducteur est mort, happé par un véhicule, tandis qu'il tentait de placer le fameux triangle à la distance réglementaire derrière son auto. Combien de morts faudra-t-il pour abroger cette loi ? L'exercice est en effet risqué, – sur une autoroute ou un boulevard périphérique –, que de placer à la distance voulue le triangle, qui est aussi stable qu'un gouvernement italien.

Glamour : Une femme «glamour » est une femme belle et séduisante, érotique. On rencontre ce terme dans les magazines féminins et chez les néo-crétins et néo-crétines branchés et distingués, dans le sens de 'charme', 'charmeur', 'charmant', 'séduction', 'séduisant', 'romantique' etc. Ce terme n'a rien à voir ni avec le GLAM (un truc de l'Armée de l'air française) ni avec amour. De l'anglo-saxon glamour (anglais) ou glamor (américain) : charme, séduction. Discreet Glamour of The Bourgeoisie. Les journalistes ont insisté sur le côté glamour (entre Nicolas et Cécilia) de la passation de pouvoir. L'on a maintenant tendance à écrire « glam' », avec l'apostrophe, à la façon des peuplades anglo-saxonnes. Ambiance glam'écolo (sic) pour l'édition 2009 du calendrier Pirelli. Le succès actuel du mot tient sans doute à sa rime avec 'amour'. De plus, ce mot est invariable : pas de singulier ni de pluriel, pas de masculin ni de féminin ; une aubaine pour les illettrés et les incultes.

Glandouille : désœuvrement, paresse. Mot mi-vulgaire, mi-familier mis à l'honneur par une sous-ministresse à quelquechose, et qui critiquait de façon piquante le comportement typique des jeunes banlieusards (= jeunes délinquants) occupés à ne rien faire. « Tolérance Zéro contre la Glandouille » (= on ne peut plus tolérer le désœuvrement), clame haut et fort cette sous-ministresse. Hé non, on ne peut plus se branler tranquillement les couilles. Voir Cash, Putain.

Glauque : couleur verte tirant sur le bleu [voir la couleur de fond de cette rubrique] : « La mer nous regardait de son œil tendre et glauque » (Apollinaire). Cette couleur, finalement assez jolie, a donné chez les néo-crétins – allez savoir pourquoi ! – comme sens dérivés : lugubre, sordide, louche, obscur, pas fréquentable, étouffant, nauséeux. La phonétique y est peut-être pour quelque chose. Il donne de longs développements glauques. Une atmosphère glauque. Une site internet va même jusqu'à titrer : « La pipolepolitique, ou le syndrome de la propagande glauque » (est-ce que c'est français, tout ça ?).

Globalisation : terme anglo-saxon signifiant : « impérialisme à l'échelle mondiale, à l'échelle de notre globe ». Voir Mondialisation.

Globish : il s'agit d'une forme élémentaire d'anglo-américain, limitée à 1500 mots environ, avec une syntaxe simplifiée, complétée par quelques procédés pratiques de formulation (gestes, exclamations, grognements, borborygmes, onomatopées, dessins explicatifs approximatifs, signaux de fumée) pour communiquer. En bref, une sorte d'espérantenglish compréhensible par toute la planète. Pour plus de précisions sur ce merveilleux outil de communication : www.jpn-globish.com.

Glue : le mot 'glu' existe bien en français (matière visqueuse extraite de certains arbres) dans le sens de colle, par exemple attraper des oiseaux avec de la glu. Mais la graphie anglo-saxonne glue, pour désigner de la colle forte, s'emploie de plus en plus à cause de certaines marques qui emploient systématiquement cette orthographe. Comment enlever de la glue sur fenêtre PVC ? demande une internaute.

GMT : ce sigle, qui signifie Greenwich Mean Time (Temps [au soleil] Moyen de Greenwich) est illégal en France depuis le décret d'août 1974, où il a été remplacé par la dénomination TU (Temps Universel). Il est cependant encore utilisé par les néo-crétins. Les imbéciles de la secte Micromou, toujours à la pointe du progrès, utilise toujours cette appelation.

Go-between (prononcer go bitouine) : intermédiaire (ce mot anglais s'imposait vraiment, car le mot 'intermédiaire' est inconnu de la plupart des Français). Entendu à la french TV de la bouche de l'inénarrable L'or en Truquier : C'est le ministre qui joue le rôle de go-between entre les personnages.

Golfe (Persique) : depuis les deux guerres perpétrées par le clan Bush contre l'Irak, berceau de la civilisation occidentale, c'est devenu une coutume que de dire le Golfe, au lieu de dire 'le golfe Persique'. Il y a pourtant nombre de golfes de par le monde, et on ne voit pas pourquoi ce néo-crétinisme désignerait abusivement seulement le golfe Persique. Peut-être parce qu'il y a le mot 'persique', et que cela horripile certaines gens ... On rencontre quelquefois l'appelation golfe arabo-persique, – pour ne pas faire de jaloux.

Goodies (prononcer goudize) : prime, cadeau. Terme surtout utilisé en informatique : ce peut être des bonus promotionnels à télécharger : personnages, musiques, fonds d'écran, fonctions supplémentaires. Ici vous trouverez tous les goodies, petits cadeaux et autres trucs rigolos ayant un rapport avec notre site.

Google (prononcer gougueul) : le nom de ce célèbre service (et non moteur) de recherche sur Internet est maintenant devenu un verbe. To google signifie en effet en anglais : faire des recherches sur internet. Je fais un Google expres, juste le temps de situer la dame. A donné en français le verbe googler (prononcer gouglé): On a tous une fois au moins hanté les forums et googlé à en devenir dingue. Après la globalisation, la gougueulisation. On se fiche de la google de qui ?

Gorgonzola : le nom de ce fromage italien vient en fait du français. La femme d'Émile Zola, d'origine italienne, était une redoutable mégère, qui adorait ce fromage à base de lait de vache. Durant les scènes de ménage, il n'était pas rare qu'elle jetât ce fromage à la figure de Zola. On l'appela la Gorgone, ce qui devint très vite la Gorgone Zola. L'appelation est restée sous la forme gorgonezola ou gorgonzola, mais les Italiens ne nous reversent pas de royalties pour ce mot. Quand on sait que c'est le prodigieux Urbano Prodi qui était chef de l'Europe en 2006, on comprend pourquoi. (Cette dernière phrase ne veut strictement rien dire, mais je la laisse. Signé : Loteur).

 Gongon Zola
le « gorgone zola »

Gothique : selon Wikipédia, « culture issue du mouvement punk, s'inspirant du cinéma expressionniste allemand, du fantastique et du roman gothique, et se caractérisant par une esthétique excentrique, sombre, voire morbide ou macabre, provocatrice ou de mauvais goût ». Il faut ajouter à cela des relents plus ou moins satanistes. Vandalisme gothique (= perpétré par des individus à l'allure « gothique ») de 28 tombes dans un cimetière meusien : un témoin a aperçu, de loin, jeudi tôt le matin, des jeunes à l'allure gothique (bizarre) qui prenaient des photos et des vidéos dans l'enceinte du cimetière. Semble provenir du patois anglo-saxon.

Gouvernance : on ne dit plus gouvernement, politique, direction, mais gouvernance. Ce néo-crétinisme à la mode dérive d’un vieux mot français signifiant « conduite des affaires, art de gouverner ». Définition (totalement néo-crétine) de la commission européenne : Ce terme procede du besoin de la science economique (en ce qui concerne le gouvernement de la firme) et de la science politique (en ce qui concerne le gouvernement de l’Etat), de se munir d’une notion omni comprehensive, capable d’offrir une diversite de significations non couvertes par le terme classique de gouvernement [les accents manquants et le texte à la limite du charabia sont du cru de cette commission].

En français clair et correct, c’est l’ensemble des règles, des procédures et des pratiques qui affectent la façon dont les pouvoirs, économiques et politiques, sont exercés à l’échelle européenne ou mondiale. En un mot, – la politique. Il s’agit bien évidemment, conçu dans ce sens, d’un outil de pression économique et idéologique, régi par trois concepts : l’anglais, l’informatique et l’entreprise (S. Berlusconi), véritable machine à broyer le citoyen. Ce dernier [investisseur], qui a relevé son offre publique d'achat et d'échange à 23 milliards d'euros, en promettant d'améliorer la gouvernance. « Conférence pour une gouvernance écologique mondiale ». Lu sur Internet : En une nuit, les Birmans étaient passés de la gouvernance parlementaire momentanément tranquille du président U. Nu à une dictature ubuesque. Gouvernance ? Pourquoi pas gouvernement ? Et enfin ce titre, tiré d'un forum du Gouvernement, – véritable déluge de néo-crétinismes : « Grenelle environnement : construire une démocratie écologique (institutions et gouvernance) ». Pas de prépositions (Grenelle environnement), démocratie écologique ( ! ), gouvernance ... L'on n'a pas du tout envie de lire la suite.

Gradué : s'emploie à la place de diplômé. Un étudiant gradué de biologie : un étudiant diplômé de biologie. Importation de l'anglo-canadien graduate. A comme substantif graduation : remise de diplômes. Ces mots viennent en fait du français grade.

Graduellement : semble vouloir dire 'progressivement'. Les troupes canadiennes vont se retirer graduellement de l'Afghanistan (entendu sur Radio-Canada).

Dans le même esprit, on peut trouver « gradué » dans le sens de progressif : le gouvernement a fait évoluer son dispositif de riposte graduée contre les pirates.

Grand (format) : expression récemment apparue dans les journeaux télévisés pour désigner, apparemment, un simple reportage. Et maintenant, place à notre grand format annonce un journaliste. De la connerie bêtise grand format !

Grands (jouer dans la cour des grands) : dans la langue des néo-crétins : passer à l’échelon supérieur, s’élever en grade, en responsabilité, s’affirmer, être reconnu. Untel est maintenant autorisé à jouer dans la cour des grands. L’emploi de ce terme scolaire est plutôt un signe de rabaissement. Cf dans le langage familier : demain j’ai école, au lieu de demain je travaille. Voir Revoir sa copie, Siffler la fin de la récré.

Gravage : chez les néo-crétins informatisés, ce terme veut dire ‘gravure’ (action de graver). Peut-être que pour le gavage des oies, ils disent la gavure. Et ça, c’est grave. Pour le gravage de vos cd-roms, adoptez le logiciel Néron. Arnger Schwarzenegold est, lui, contre la gavure des oies et canards.

Grave : cet adjectif remplace maintenant les superlatifs : beaucoup, fort ou très fort, extrêmement ou sévèrement ; il s’emploie également dans le sens de bizarre, mal portant, anormal. Çui-là, il me fait chier grave. Y'a deux-trois trucs qui m'ont grave ennervée (sic). Çui-là, il est grave [ ça ne va pas du tout ]. Ça fait une paye grave [= il y a bien longtemps] qu'il le gère ton 64 bits. En argot : veug. Exemple : C'est veug. L'ajectif grave peut aussi être employé au sens de l'adverbe 'grièvement' : Deux autres personnes sont blessées très graves", a ajouté le préfet, Bernard L. Qu'un préfet commette de telles fautes, c'est grave.

Grenelle : c'est dans la rue de Grenelle à Paris que se trouve le Ministère du Travail et des Affaires sociales. L'expression Grenelle de ... signifie dans la bouche ou sous la plume des néo-crétins officiels réunion, négociations, mesures, accords, (réunion au) sommet. Sans doute en relation averc les accords de Grenelle de mai 1968. Expression à la mode (depuis 2007), dont nous rebattent les oreilles toutes sortes de journaleux et d'écologistes : « le Grenelle de l'environnement ». Cette ineptie de langage désigne des accords concernant la protection de la nature, avec le fanatisme borné propre aux écolos. Entendu pour une pub à la télé : « Un engagement du Grenelle de l'environnement ... » (qu'est-ce que ça veut dire ?) La pub télévisuelle relaie abondamment ce genre d'inepties, et en rajoute en parlant de bonus (= bons points) ou de malus (= mauvais points) selon que l'on respecte ou non les oukazes politico-écologiques (1) [été 2008]. Voir Écologie, Environnement, Réchauffement planétaire.

Grève : voir Mouvement social.

Grogne : en langage édulcoré des néo-crétins : conflit, manifestations, mouvement de revendications, d'opposition, de refus. La grogne des étudiants contre les réformes universitaires. Étymologie du verbe grogner : altération de groin* de l'ancien français gronir, latin grunnire : « grogner (en parlant du cochon) ». Voilà qui est cochon !

Gros : de nos jours, malgré l'accroissement alarmant du nombre de cas d'obésité (15% de la population), il n'y a plus de gros, il n'y a que des “surcharges pondérales”. Nos gamins, dévoreurs de barres chocolatées et de cochonneries sucrées de toutes sortes, ne sont plus gros, ils sont “surchargés” – ce qui n'est pas une mince victoire du néo-crétinisme. Voilà qui est linguistiquement et surtout alimentairement correct.

Quant aux maigres, ce sont sans doute des déficients pondéraux. Dans cette optique, on devrait renommer le récit de Tchékhov « Le gros et le maigre » (Толстый и Тонкий) Le surchargé pondéral et le déficient pondéral. Gros succès ! Voir Obèse.


Moi, gros ? Non, un peu enveloppé !

Il est aussi un autre emploi de gros, surtout dans les injures, et qui pourrait prendre diverses significations : grand, sale, parfait ... « Gros dégueulasse ! », « Gros raciste ! », « Gros pédé ! » etc.

Guidance : aide, tout simplement. InterNet-Guidance vous aide à bâtir votre avenir professionnel, et à choisir votre formation. L'idée est de varier les formes de guidance, tout en restant "congruent" (???). Axiome néo-crétin : plus long est le mot, plus fort il exprime une idée.

Quant à l'adjectif 'congruent', il signifie en anglais : « qui a la même taille et la même forme ». Cet adjectif n'existe pas sous cette forme en français, on parle plutôt de « congru » (convenable), ou de « congruence » (égalité de deux figures géométriques). Mais si la guidance varie de forme, tout en ayant la même forme, l'auteur avoue ne pas comprendre.

En vieux français, congruent veut dire “qui convient à”. « Que dites-vous de ma petite oie (sorte d'ajustement) ? La trouvez-vous congruente à l'habit ? » (Molère). Doit-on traduire congruent par 'convenable' ou 'adapté' dans L'idée est de varier les formes de guidance, tout en restant "congruent" ?

Guillemets : les guillemets s’emploient normalement en français pour introduire une citation. Mais l’on observe de plus en plus la tendance à les employer pour souligner ou renforcer une affirmation. " Jeux de ballon " interdits (dans la cour d’un immeuble). Dans son édition parue samedi, Le Monde titre à la "une" (pourquoi les guillemets à ‘une’ et non ‘à la une’, – expression pourtant bien connue, et ne nécessitant pas de guillemets ?)

À noter, les guillemets anglais ( " " ), simplistes et laids, sont de plus de plus en plus employés à la place des guillemets français, en forme de chevrons ( « » ) et, évidemment, sans espace entre le mot et les guillemets, à la mode des anglo-saxons.

À signaler enfin la manie ridicule, héritée des Anglo-Saxons, des guillemets visuels, qui accompagnent le mot ou l'expression que l'on veut détacher du discours en pliant deux fois de suite l'index et le majeur des deux mains. Il suffit de dire à l'interlocuteur « entre guillemets » pour qu'il comprenne.





(1) Une pub en BD montre une voiture non-polluante (« propre ») digne d'obtenir un bonus ; tandis qu'une voiture polluante (« sale ») détruit la nature ; le conducteur sera pénalisé par un malus. Ce système de bons et de mauvais points, infantilisant, cherche à culpabiliser de façon outrancière les possesseurs de voitures. Le comédien qui récite le texte le fait d'une voix tellement crispante qu'on zappe tout de suite. De plus, l'on a vraiment l'impression qu'on nous prend pour des cons citoyens à compréhension réduite (ou CCR).        Retour




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